MaPrimeRénov’ pour un propriétaire bailleur : les règles 2026
Un bailleur a droit à MaPrimeRénov’, à condition de louer le logement comme résidence principale pendant au moins six ans après les travaux. Mais le dispositif a beaucoup changé : guichet fermé fin 2025, rouvert le 23 février 2026, et parcours « par geste » fortement réduit depuis le 1er septembre 2026. Voici ce qui est finançable aujourd’hui, à quel taux, et les erreurs qui font perdre la prime.
Depuis le 1er septembre 2026, l’isolation n’est plus aidée « par geste ». Pour un dossier déposé depuis cette date, seuls les pompes à chaleur air/eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique restent éligibles. C’est la date de dépôt du dossier qui compte, pas celle du devis.
Les conditions communes aux bailleurs
- ✓ Un logement de plus de quinze ans en métropole — deux ans suffisent pour remplacer une chaudière au fioul ou déposer une cuve.
- ✓ Un engagement de location : louer le logement comme résidence principale du locataire, dans l’année qui suit la demande de solde, pendant au moins six ans. Chaque année manquante se rembourse à hauteur d’un sixième de l’aide. La location à un ascendant ou un descendant est admise.
- ✓ Des entreprises RGE, qualifiées pour les travaux concernés.
- ✓ Un dossier déposé avant le début des travaux, et un accusé de réception obtenu avant de les démarrer.
- ✓ Une information du locataire sur les travaux financés, et l’obligation de déduire la prime du montant des travaux qui justifieraient une hausse de loyer.
Avant tout dossier, faites établir votre point de départ : l’audit énergétique indique les travaux qui feront réellement changer de classe, et ce que rapporte chaque poste.
Aucun plafond de loyer n’est exigé par MaPrimeRénov’ : c’est le conventionnement Loc’Avantages, un dispositif distinct, qui en impose un en contrepartie d’une réduction d’impôt. Le montant de l’aide dépend des revenus de votre foyer, répartis en quatre catégories, de « très modestes » à « supérieurs ».
Le parcours accompagné : la rénovation d’ampleur
C’est le parcours le plus généreux, et le seul qui finance encore l’isolation. Il vise une vraie sortie de passoire.
Les conditions
Un logement classé E, F ou G avant travaux, un gain d’au moins deux classes, au moins deux gestes d’isolation parmi toiture, fenêtres, planchers et murs, et aucun chauffage au fioul ou au charbon conservé. Depuis le 1er septembre 2026, garder le gaz dans une maison individuelle ou poser une pompe à chaleur hybride avec appoint fossile est aussi exclu.
L’accompagnement
Un rendez-vous préalable avec un conseiller France Rénov’ est obligatoire depuis le 23 février 2026, puis un Accompagnateur Rénov’ vous suit du diagnostic à la fin du chantier : audit, choix des travaux, montage du dossier, réception.
| Revenus du foyer | Taux de l’aide sur les travaux hors taxes | Total des aides plafonné à |
|---|---|---|
| Très modestes | 80 % | 100 % du coût TTC |
| Modestes | 60 % | 90 % |
| Intermédiaires | 45 % | 80 % |
| Supérieurs | 10 % | 50 % |
Les travaux retenus sont plafonnés à 30 000 € hors taxes pour un gain de deux classes et 40 000 € pour trois classes ou plus. Le guichet avait été suspendu à l’été 2025 puis fermé fin 2025, faute de budget ; il a rouvert le 23 février 2026 pour toutes les catégories de revenus.
Les aides par geste depuis le 1er septembre 2026
Montants forfaitaires selon la catégorie de revenus. Les foyers aux revenus « supérieurs » n’y ont pas accès.
| Travaux | Très modestes | Modestes | Intermédiaires |
|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € |
| Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € |
| Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid | 1 200 € | 800 € | 400 € |
| Dépose d’une cuve à fioul | 1 200 € | 800 € | 400 € |
| Audit énergétique, avec un autre geste | 500 € | 400 € | 300 € |
Sont sortis du parcours par geste : toute l’isolation, la ventilation double flux, le chauffage au bois indépendant, les chauffe-eau thermodynamiques et le solaire thermique, sauf en outre-mer. Un bailleur peut être aidé au geste pour trois logements au plus, dans la limite de 20 000 € d’aide par logement sur cinq ans. Les maisons classées F ou G y restent éligibles jusqu’au 31 décembre 2027 ; à partir de 2028, il faudra être au moins en classe E avant travaux.
Cumuler les aides et le déficit foncier
- ✓ Les primes énergie des certificats d’économies d’énergie se cumulent avec MaPrimeRénov’, dans la limite du plafond de l’ensemble des aides.
- ✓ L’éco-prêt à taux zéro finance le reste à charge, jusqu’à 50 000 € dans sa version couplée à MaPrimeRénov’. Voir l’éco-PTZ.
- ✓ Au régime réel, les travaux se déduisent de vos revenus fonciers pour leur montant total et les aides de l’Anah se déclarent en recettes. Le déficit peut s’imputer sur votre revenu global jusqu’à 21 400 € par an pour une rénovation énergétique qui fait sortir le logement des classes E, F ou G. Voir les travaux déductibles.
Les erreurs qui font perdre la prime
- ✕ Démarrer les travaux avant l’accusé de réception du dossier. C’est la cause de refus la plus fréquente, et elle est sans remède.
- ✕ Compter sur un devis signé pour garder les anciennes règles. C’est la date de dépôt de la demande qui détermine le régime applicable.
- ✕ Relouer trop tard, ou pas assez longtemps. L’engagement court sur six ans à compter de la mise en location, qui doit intervenir dans l’année suivant la demande de solde.
- ✕ Répondre à un démarchage. Aucun organisme public ne démarche par téléphone ou à domicile : passez par France Rénov’, le service public gratuit, pour être orienté.
MaPrimeRénov’ bailleur : les questions fréquentes
Les réponses courtes ; les textes cités font foi.
Un propriétaire bailleur a-t-il droit à MaPrimeRénov’ ?
Oui, s’il s’engage à louer le logement comme résidence principale pendant au moins six ans, en le mettant en location dans l’année qui suit la demande de solde.
Combien de logements un bailleur peut-il faire aider ?
Trois logements au plus pour le parcours par geste, avec 20 000 € d’aide au maximum par logement sur cinq ans. Aucune limite de ce type n’est prévue pour la rénovation d’ampleur.
Faut-il plafonner le loyer pour toucher MaPrimeRénov’ ?
Non. En revanche, la prime se déduit du montant des travaux invoqués pour augmenter le loyer. Le plafonnement du loyer relève du conventionnement Loc’Avantages, un dispositif distinct.
L’isolation est-elle encore aidée en 2026 ?
Plus par geste pour les dossiers déposés depuis le 1er septembre 2026. Elle reste finançable dans une rénovation d’ampleur, par l’éco-prêt à taux zéro et par les primes énergie.
Que se passe-t-il si je vends avant six ans ?
L’engagement de location n’est pas tenu jusqu’au bout : l’aide est en principe à rembourser à proportion des années manquantes, un sixième par année.
MaPrimeRénov’ est-elle imposable pour un bailleur ?
Au régime réel, les aides de l’Anah se déclarent en recettes foncières, tandis que les travaux se déduisent pour leur montant total : l’effet net est une déduction du seul reste à charge.
Les aides ne sont qu’une ligne du budget.
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